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Narjes Boufaden: «J’aime bâtir, j’aime créer»

Narjes Boufaden: «J’aime bâtir, j’aime créer»

Narjes Boufaden.

Narjes Boufaden. Crédit photo : © Keatext

Dans 2001, Odyssée de l’Espace, l’ordinateur HAL dialogue avec les humains. Il comprend notre langage naturel. Cette dystopie est aujourd’hui réalité. Narjes Boufaden est chercheuse spécialisée dans la compréhension du langage conversationnel par les ordinateurs. Lorsqu’elle réalise qu’elle peut apporter des solutions aux entreprises pour les aider dans l’analyse de textes, elle décide de se lancer en affaires et fonde Keatext.

Narjes Boufaden a toujours aimé les sciences…et la science fiction. Les interactions homme – machines du futur l’interpellent. Dans ses études en informatique, elle choisit une spécialisation en IA (Intelligence Artificielle) et la compréhension du langage conversationnel. Elle poursuit avec un doctorat, à l’Université de Montréal, sur le développement de modèles pour la compréhension automatique du langage naturel.

Elle devient chercheure, avec l’objectif d’aider les entreprises à exploiter leurs  données non structurées comme par exemple des commentaires écrits laissés par des clients. S’il est facile de demander à un client son niveau de satisfaction, il est plus difficile de comprendre ce qui l’a rendu insatisfait. Le client peut l’expliquer dans ses commentaires, mais il faut savoir le décrypter et pour se faire, comprendre son langage naturel. Narjes Boufaden prend conscience que toutes ses études et connaissances éveillent un intérêt grandissant dans les entreprises et qu’elle peut leur permettre de résoudre certains problèmes. Elle décide alors de lancer sa compagnie. Sa motivation entrepreneuriale? «J’aime bâtir, j’aime créer. Comme les chercheurs, j’aime trouver des solutions.» déclare-t-elle.

En 2010, elle crée Keatext, une compagnie d’abord spécialisée dans la consultation et le développement personnalisé. Puis en 2014, elle fait prendre un virage à la compagnie, qui développe dorénavant un produit qui peut être exploité par de nombreuses entreprises. 

Est-ce qu’être une femme a engendré des difficultés particulières? Narjes pense que non. Elle explique:«Il y a beaucoup d’aides disponibles maintenant. Il y a eu une prise de conscience que les entrepreneures en technologie sont rares et il y a une bonne mobilisation autour de ça.»

Si elle devait donner des conseils pour les jeunes entrepreneures, ce serait de ne pas hésiter à s’entourer pour compléter leurs compétences: «Les connaissances scientifiques vont permettre de développer un produit compétitif», souligne-t-elle. Narjes continue: «Il ne faut pas se gêner pour le faire valoir. Il faut aller chercher de l’aide avec le réseautage, les accélérateurs d’entreprise. Surtout pour les aspects marketing: comment comprendre et accéder à l’audience pour exposer son produit, le publiciser, apprendre à gérer le coût d’acquisition d’un client.»

La recherche de financement est aussi une difficulté. Les bourses et proposition de prêts sont nombreuses, mais, précise Narjes, «il faut savoir se faire aider pour ne pas perdre trop de temps à les trouver. Certaines sont limitées aux 18 – 35 ans. Ça ne fait pas de sens, en particulier pour les femmes qui font des enfants et qui vont se lancer plus tard. Ça introduit un biais. Mais les temps changent. La BDC par exemple a maintenant un fond dédié aux femmes en technologies. Il y a un désir d’aider les femmes entrepreneures.»

La société compte aujourd’hui 25 employés et des clients partout dans le monde. Narjes Boufaden reste impliquée dans la direction technique, toujours passionnée par son domaine scientifique.

Keatext 
Propose aux entreprises des outils qui analysent instantanément de vastes quantités de rétroactions textuelles de leur clientèle, pour fournir des renseignements éclairants. Ils se déclinent en plusieurs langues. La compagnie emploie aujourd’hui 25 employés et compte 25 clients partout dans le monde, entre-autre: la NASA, L’Oréal, Am Express.

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