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Pourquoi y a-t-il autant de femmes Perses en technologie?

Pourquoi y a-t-il autant de femmes Perses en technologie?

Un nouveau groupe de soutien pour les femmes Perses en technologie a vu le jour à Montréal en avril 2019: Persian Women in Tech Montréal (PWIT Montréal). J’ai interrogé sa fondatrice pour mieux comprendre pourquoi tant de femmes perses travaillent en technologie

Il s’agit d’un OSBL mettant de l’avant les femmes d’Iran, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord dans les STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Elles organisent des événements mensuels, sous forme de conférences et panels. Leur objectif est de permettre le partage d’expériences entre les membres de la communauté et le public montréalais.

PWIT est déjà présent dans les villes de San Francisco, Los Angeles, Boston, Londres, Paris, Austin, Washington DC, Vancouver et Toronto.

La cheffe de file du chapitre montréalais est Bahar Partov, chercheuse et technologue. Lorsqu’elle arrive à Montréal, de Boston, en 2018, la chose qui la surprend le plus est le nombre important d’Iraniennes travaillant ou étudiant en technologie. Elle raconte: «Après avoir quitté l’Iran, j’ai vécu dans plusieurs pays mais je n’ai jamais vu autant de femmes talentueuses au même endroit.» La jeune femme s’est alors tournée vers l’organisation Persian Women in Tech et a demandé à ouvrir un chapitre à Montréal.

Le chapitre montréalais a décidé de se concentrer sur l’acquisition de talents pour les entreprises. En effet, puisqu’il existe une pénurie de talents importantes en TI au Canada, l’organisation a décidé de mettre de l’avant ces profiles de femmes afin de favoriser le maillage entre les personnes recherchant un emploi et les entreprises en offrant.

Des regroupements de femmes en technologie, il en existe déjà plusieurs à Montréal, en quoi celui-ci est différent? J’ai posé la question à Sepideh Nasiri, la PDG et fondatrice de Persian Women in Tech. Selon elle, leur force réside dans leur structure et leur capacité à ouvrir de nouveaux chapitres rapidement. La rareté de la main d’oeuvre et la forte présence de femmes perses dans le monde sont deux composantes essentielles à la croissance du groupe. Enfin, elles travaillent étroitement avec des universités et des jeunes filles pour les sensibiliser à la technologie en tant que carrière.

En Iran, 70% des étudiants en informatique sont des femmes. En Amérique du Nord, ce chiffre tourne en moyenne autour de 20%. À première vue, ceci semble vraiment impressionnant et s’explique surtout par les parents qui poussent leurs enfant à étudier pour devenir médecin, ingénieur ou avocat.

Cependant, la fondatrice de PWIT Montréal apporte un nuance. Car même si cette proportion de femmes semble exemplaire, l’équité est loin d’être atteinte. En effet, une discrimination envers les femmes persiste sur le milieux du travail, à l’embauche et surtout à la maison. Ce sont des femmes qui doivent s’occuper de la famille, freinant donc la croissance de leur carrière. Les femmes sont évidemment moins bien payées que les hommes, comme quasiment partout dans le monde, et décrochent plus difficilement un emploi, -En 2017, les femmes représentent seulement 17%  de la main d’oeuvre- ce qui les poussent à revenir aux études, dans l’espoir de peut-être décrocher un emploi. Sepideh explique qu’en Iran, avoir un doctorat, voir plusieurs doctorats est plutôt chose courante, mais ça ne résoud pas l’écart entre les genres.

Un nouvel événement est prévu pour bientôt, rendez-vous sur la page Facebook de l’organisation pour en savoir plus.

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Chloé Freslon

Chloé est une femme avec une mission, celle de faire de Montréal la ville à startups qui a trouvé des solutions concrètes pour combler l’écart de genres dans l’industrie de la technologie. Vous l’avez probablement vue sur des panels, lu son blog URelles, écouté le podcast URelles qu’elle produit, signé le Manifeste des femmes en technologie qu’elle a co-fondé ou entendu à Moteur de Recherche à ICI Première Radio-Canada. Elle est la fondatrice d’URelles.

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