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Galerie Galerie: ces femmes faisaient de l’art numérique avant que l’art numérique ne soit cool

Galerie Galerie: ces femmes faisaient de l’art numérique avant que l’art numérique ne soit cool

Galerie Galerie

Les trois cofondatrices de Galerie Galerie. De gauche à droite: Gabrielle Bernatchez, Marie-Charlotte Castonguay-Harvey et Sophie Latouche.

 

Pour les prochaines semaines, nous publions uniquement des articles sur l’impact du Coronavirus sur les femmes en technologie.

Comment réussir à comprendre et accepter cette nouvelle normalité? Grâce à l’art numérique! Discussion avec des pionnières de la question au Québec: les co-directrices de Galerie Galerie.

La COVID-19 a dévasté la communauté artistique, dans le monde entier. Les mesures de distanciation sociale ont contraint les théâtres, les salles de concert, ou encore les galeries d’art à fermer. Les musiciens en tournée ont annulé leurs concerts, les lancements de livres ont été reportés et les productions cinématographiques ont été interrompues. En conséquence, de nombreux.ses artistes qui se trouvaient déjà dans des situations précaires se retrouvent encore plus mal lotis.

Depuis le 12 mars 2020, l’art est plus numérique que jamais. L’illustrateur de livres pour enfants Américain, Carson Ellis, a créé un club d’art de quarantaine sur Instagram, le premier festival de design virtuel a eu lieux, de nombreux musées permettent de visiter virtuellement leurs collections, des musiciens de l’orchestre philharmonique de Rotterdam ont utilisé la technologie pour enregistrer une interprétation virtuelle de l’Hymne à la joie de Beethoven depuis leur domicile. Et le public suit!

Comme si rendu.es confiné.es, nous nous rendons compte de l’importance de l’art dans nos vies. Mais cet art n’est plus physique, il est devenu virtuel et son effet est le même. Il aide les gens à faire face aux périodes sombres. Il devient central dans nos vies. Il nous relie à une nouvelle normalité et nous permet de faire le deuil de l’époque précédente. L’art virtuel EST de l’art.

La naissance de Galerie Galerie
En 2016, Gabrielle Bernatchez, Marie-Charlotte Castonguay-Harvey et Sophie Latouche créent Galerie Galerie, une plateforme en ligne d’art web et numérique. Il ne s’agit pas juste d’un site Web où on voit des images d’oeuvre d’art. Non, chez Galerie Galerie, l’immersion est totale. On vit l’art. On est l’art. Tout au long de l’année, l’OSB présente une série d’expositions et de projets commissariés, en ligne, comme hors ligne. Elles proposent également l’hébergement d’oeuvres d’art Web et elles s’impliquent dans la vente d’oeuvres d’art numérique. Vous avez du mal à comprendre de quoi il s’agit? Ce n’est pas étonnant. Il ne s’agit pas d’un concept répandu. Galerie Galerie est la seule et première vraie plateforme artistique numérique au Québec.

Sophie Latouche me raconte la génèse du projet. La jeune femme a étudié à Concordia en arts visuels numériques. En finissant son bac, elle se demande quelles sont les opportunités pour les artistes numériques. Elles sont très limitées à l’époque. C’est à ce moment-là que son amie du secondaire, Gabrielle est arrivée. Mordue de HTML et de CSS depuis qu’elle a 12 ans, elle est titulaire d’un DEC en intégration multimédia. À l’époque elle commence à se désintéresser de créer des sites Web en entreprise. C’était l’alliée parfaite pour prendre en charge la plateforme de Galerie Galerie. Enfin arrive Marie-Charlotte. Titulaire d’un certificat en Science Politique de l’Université Laval et d’un baccalauréat en Histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal, elle est venue structurer les textes et la vision de Galerie Galerie.

Les trois cofondatrices ont vu arriver, depuis un peu plus d’un mois, un intérêt inédit, de la part du grand public, pour l’art numérique, grâce au confinement, certes, mais également parce qu’on a la chance, en 2020 d’avoir un réseau Internet solide et des plateformes de contenu (YouTube, Instagram, Facebook) suffisamment matures. Les trois femmes sont très excitées de voir autant d’intérêt pour l’art numérique et leur travail. Les dons pour les artistes, via la plateforme Patreon, ont explosé ces dernières semaines.

La restauration d’une oeuvre numérique
Le lundi 27 avril, la plateforme a dévoilé la restauration de l’oeuvre web «A White Institution’s Guide for Welcoming People Of Color And Their Audiences» de l’artiste Fannie Sosa. L’oeuvre se présente sous la forme d’un guide abordant les rôles de soutien que les institutions blanches ont le devoir de développer lorsqu’elles accueillent des personnes et artistes de couleur.

Hors-ligne depuis 2018, le guide a été utilisé par plus de 200 institutions culturelles à travers le monde pour améliorer leurs pratiques en équité. La restauration permettra de créer une mouture renouvelée de l’oeuvre. Une version abrégée sera disponible gratuitement sur la plateforme de Galerie Galerie, tandis que la version complète du guide sera disponible sous forme de PDF payant, sur demande, dont l’entièreté des profits ira directement à l’artiste.

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