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Le mentorat pendant le confinement: conseils et témoignages

Le mentorat pendant le confinement: conseils et témoignages

Jennifer Petrela

Jennifer Petrela, gestionnaire, l’Accélérateur mentoral de Mentorat Québec

Par Jennifer Petrela, gestionnaire, l’Accélérateur mentoral de Mentorat Québec // Collaboration

Collègues dispersé.e.s, avenir incertain. Entrevue avec des mentors et mentorées du milieu tech à Montréal sur les façons dont le mentorat influence leur travail, leurs perspectives et leurs relations en temps de pandémie.

> Pierre-Luc St-Charles, mentor: Lutter contre le syndrome de l’imposteur

Pierre-Luc St-Charles, scientifique en recherche appliquée à Mila, a la jeune trentaine. Il est passionné par sa recherche en apprentissage automatique, il ne compte pas ses heures devant l’écran et son temps libre est occupé. Pourtant, il était présent lors du lancement virtuel du nouveau programme de mentorat Mila le 14 avril 2020, en pleine pandémie. Pourquoi avoir levé la main pour devenir mentor?

«J’ai beaucoup souffert du syndrome de l’imposteur avant de me fixer dans une voie, répond Pierre-Luc, c’est un domaine intimidant où tout change si vite qu’on est sans repères. C’est comme si on demandait aux jeunes de sauter sur un train qui roule très rapidement vers on ne sait pas où. En tant que mentor, donc, j’espère pouvoir éliminer quelques craintes, quelques doutes de la part de mes mentoré.e.s. C’est d’autant plus important dans le contexte actuel. Le fait d’être physiquement dans un lieu avec beaucoup d’autres aurait donné aux mentoré.e.s des opportunités de se retrouver avec des personnes qui partagent leurs inquiétudes. La COVID-19 a limité cette dynamique, du moins pour un moment, du moins pour cette génération de chercheur.e.s.»

> Shalaleh Rismani, mentorée: Une mentore femme comme modèle exemplaire

Shalaleh Rismani est en train de faire ses valises à Vancouver alors que la COVID-19 frappe le Canada. Elle n’a pas encore trouvé d’appartement à Montréal. En accord avec son superviseur à l’université McGill, elle convient de débuter le doctorat à distance. Son début en tant que chercheure à Mila doit se faire à distance.

«J’étais tellement emballée à l’idée de rencontrer les personnes à Mila, c’est pour moi la partie la plus dure de l’épidémie, dit Shalaleh: faire le deuil d’être entourée par des personnes du même domaine avec qui échanger des idées. Je dois faire une crois là-dessus jusqu’en juillet, jusqu’en août, peut-être. On ne le sait pas encore. C’est pourquoi je suis si heureuse de faire partie du programme de mentorat. Je pourrai créer des liens avec quelques personnes, ma mentore et ma co-mentorée. Peut-être aussi montera-t-on un groupe virtuel entre mentoré.e.s?»

Shalaleh a demandé d’avoir une mentore femme. Elle explique son choix: «Je suis curieuse de savoir comment le fait d’être femme dans ce domaine majoritairement masculin aurait pu affecter ma mentore. Je n’ai pas souffert de discrimination ouverte mais lorsque je me trouve dans un gros colloque, je peux marcher des heures sans jamais croiser une autre femme, il est vrai que c’est une expérience isolante. La valeur d’un modèle exemplaire est réelle, il aide à se former une identité.»

> Marie-Ève Malette, mentorée: Les conversations sont devenues très spontanées

Marie-Ève Malette, scientifique en intelligence artificielle à la Banque du Canada, fait partie de la première cohorte de mentorées du Réseau Fin-ML. Ses premières rencontres avec sa mentore ont commencé en octobre 2019, bien avant le début de la pandémie.

«Nous nous voyions aux deux semaines, raconte Marie-Ève, ma mentore m’a été énormément utile pour planifier les prochaines étapes de ma carrière. On ne se voit plus en personne, mais le fait que nous avons appris à nous connaître avant la distanciation a créé une belle complicité. Par exemple, ça m’arrive régulièrement de l’appeler le matin pour prendre le café et discuter ensemble. Nos conversations sont devenues très spontanées. Maintenant qu’on m’a proposé un poste, on a convenu qu’elle m’aidera à négocier mon salaire.»

Conseils pour du mentorat en confinement

Pas tous les mentoré.e.s s’en tirent aussi bien. Pour certain.e.s, la transition vers le virtuel n’a pas été évidente. Marianne Lefebvre, présidente de Mentorat Québec, donne deux conseils pour réussir sa relation mentorale en temps de pandémie (pour une liste plus longue de conseils, lire cet article).

  • Conseil 1
    «En premier lieu, ne négligez pas l’esprit de groupe. De nombreux programmes de mentorat fonctionnent par cohorte: un groupe de mentoré.e.s commence l’expérience mentorale en même temps, souvent avec une session de formation collective qui précède le jumelage individuel. Les milléniaux, en particulier, semblent aimer les activités de groupe. On peut observer des mentoré.e.s former un groupe Facebook une heure ou deux après leur première rencontre, afin de comparer leurs notes et de partager leurs expériences. Il est toujours gratifiant de multiplier les sources d’appui mais lors d’une situation aussi incertaine que celle que nous vivons actuellement, elles deviennent presque essentielles.»
  • Conseil 2
    «Tâchez de rester en contact entre les réunions. À mesure que les interactions sociales diminuent, le risque augmente que les mentor.e.s et les mentoré.e.s se sentent isolé.e.s. Or, se sentir isolé.e amène la perte d’énergie et la motivation. Maintenez votre enthousiasme avec des interactions régulières. Partagez un article, prenez des nouvelles par texto – les horaires et les habitudes sont bouleversées, ce n’est peut-être pas le moment de vous formaliser. Même un simple « coucou » peut rappeler la relation à votre mentor.e et vous garder sur votre lancée.»

Les programmes de mentorat de Mila et du Réseau Fin-ML font partie de l’Accélérateur mentoral, un programme de Mentorat Québec financé par le Gouvernement du Québec.

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