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Comment les femmes peuvent-elles sauver la place des femmes?

Comment les femmes peuvent-elles sauver la place des femmes?

Groupe pour femmes

Katherine Hanlon via Unsplash

C’est l’année de mes 35 ans que je suis passée d’une personne sceptique à l’égard des initiatives réservées aux femmes à contributrice pour un média dédié à l’actualité des femmes en tech.

Pourquoi les initiatives de soutien aux femmes sont-elles utiles aux femmes? En quoi le fait de se réunir entre nous, les femmes, pourrait-il nous faciliter la vie? Je me suis souvent posé la question de l’intérêt de ce type de réunion. Pourquoi les femmes qui justement sont si souvent victimes de discrimination, de sexisme ou d’injustice dans la société, dans la rue, dans leur métier, décident-elles de mettre les hommes de côté?

Je viens de France où la condition de la femme est quelque peu différente par rapport à ce que j’ai pu expérimenter depuis bientôt trois ans au Québec. Là-bas, le communautarisme s’est renforcé pour de multiples raisons qui relèvent souvent de la politique et de l’économique. En m’installant au Québec, j’ai eu la chance d’intégrer un environnement qui m’a semblé équitable. Je me sentais plus respectée en tant que femme, reconnue dans mon métier pour mes compétences et mes qualités, alors que dans mes expériences passées, mes idées étaient peu ou pas entendues. Il est courant de voir des femmes à des postes à responsabilités dans les grandes entreprises, même si l’écart salarial avec celui des hommes se fait persistant. Le sexisme est moins présent, tout au moins dans mon quotidien montréalais.

Au fil du temps, je découvre des initiatives réservées aux femmes comme les femmes en science, les femmes en tech, les femmes & le web. Au premier abord, ces organisations font écho à ce que j’avais connu outre Atlantique. Je ne comprends pas comment les mentalités peuvent changer si on entretient cette marginalité.

Puis, j’y mets un pied via mon travail. À l’époque, je travaille pour une radio et je reçois de nombreux communiqués de presse. Je rencontre également des expert.es qui viennent enregistrer des entrevues en studio. Par la suite, je découvre l’initiative Amplify, versant américain de l’initiative Keychange en Europe, qui œuvre à offrir une plus grande visibilité aux femmes artistes. C’est en intégrant mon emploi actuel dans un festival que j’apprends à mieux connaître cette organisation. Je comprends alors à quel point elle est importante pour le milieu artistique et pour les femmes. En 2019, au Québec, la part d’artistes ou de groupes entièrement féminins dans les festivals n’est toujours que de 23%, selon la méthode d’analyse de Radio-Canada. Aux États-Unis, les femmes représentaient 14% de la programmation des festivals en 2018 selon le rapport Keychange PRS Foundation.

Ma vision des choses mûrit et je franchis le pas au printemps 2019, en rejoignant l’équipe de collaboratrices de URelles. J’ai dorénavant envie d’apporter ma pierre à l’édifice. Je veux écrire pour offrir une vitrine à ces actions. Cela sera ma contribution.

Ces années d’observation m’ont permis de réaliser à quel point ces initiatives sont indispensables pour donner plus de visibilité aux femmes qui évoluent dans des milieux où elles sont en minorité. Selon un rapport, les femmes se sentent moins en sécurité que les hommes dans les pays de l’OCDE, tout en représentant 86% des victimes d’agressions sexuelles. Si l’on prend le domaine des sciences, d’après l’Institut de Statistiques de l’UNESCO, les femmes ne représentent que 28,8% des chercheurs.eures employés.ées dans le monde en 2015. Si l’on se tourne vers la politique, de l’autre côté de la frontière au Congrès du gouvernement Trump, les femmes ne représentent que 19,4% des membres (21 au Sénat et 83 à la chambre des représentants sur 435).

En rafale
Oui, il faut travailler sur la sous-représentativité des femmes dans certains secteurs d’activité.
Oui, il est nécessaire de se réunir pour avoir un espace dans lequel on se sent en sécurité.
Oui, il est utile d’unir nos forces afin de rendre nos voix plus puissantes.
Et enfin, oui, il faut créer des exemples pour laisser des traces qui serviront aux plus jeunes générations.

Maïté Belmir

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