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Cette plateforme technologique peut aider l’industrie de la culture à remonter la pente

Cette plateforme technologique peut aider l’industrie de la culture à remonter la pente

équipe projet Liens Mutuels

L’industrie culturelle, particulièrement en région, est touchée de plein fouet par la crise, pourtant le public est en grande demande de consommation artistique. Comment la technologie peut aider les organismes culturels à répondre à la demande? Voici le projet Liens Mutuels, crée par Sandrine Berger. Rencontre.

Récemment, le premier ministre du Québec a annoncé des investissements de 400 millions de dollars pour la relance de l’industrie culturelle. En effet, la crise a fortement impacté ces organismes qui peinaient déjà à trouver des financements. Mais la demande du public d’accéder à des contenus culturels a, quant à elle explosé durant la période confinement. Le hic? Ces derniers ne sont pas toujours correctement référencés sur le Web, donc peu accessibles par un.e citoyen.ne qui n’ira pas voir en dessous du deuxième lien proposé par son moteur de recherche. Pour Sandrine Berger, directrice-production, distribution et développement du cinéma et centre de production Paraloeil à Rimouski, il y a, certes, un enjeu de découvrabilité des contenus, mais également un enjeu de préservation de la main d’œuvre. Elle explique: «Il existe beaucoup de nouvelles technologies qui permettent d’améliorer l’efficacité au travail et d’automatiser certains processus pour faire en sorte que nos ressources humaines, précieuses et limitées, peuvent se concentrer à faire des tâches plus impactantes pour l’organisme à long terme».

Dédié aux OBNL et aux coopératives culturelles du Québec, l’outil proposé par Liens Mutuels est un logiciel de relation client (ou CRM) directement intégré au site vitrine des organismes pour les aider, d’une part, à améliorer leur productivité, et d’autre part, à mieux exploiter leurs données en ligne.

CRM et données structurées, une combinaison gagnante?

L’objectif est de faire en sorte que les données entrées dans le CRM soient «poussées» sur le site Web de l’organisme de façon structurée. Ainsi, la saisie de données serait centralisée à un seul et même endroit, et  ces dernières apparaîtraient de façon attrayante sur le site Web pour l’utilisateur, en plus d’être formatées pour être lues et référencées par les algorithmes de Google.

Sandrine explique: «c’est comme une bibliothèque où tous les côtés des livres sont blancs. Il faut les ouvrir un par un pour voir de quoi il s’agit. Avec les données structurées, nous allons venir y inscrire un titre, un résumé et un.e autrice.auteur sur chacun des livres et donc favoriser la découvrabilité.».

L’équipe collabore avec le FAVA (Film And Video Arts Society of Alberta) qui a déjà développé un CRM pensé en fonction des besoins des centres de production de cinéma. Sandrine ajoute: «Nous souhaitons pousser cet outil plus loin afin qu’il réponde spécifiquement aux besoins des organismes culturels et artistiques. Nous y ajouterons donc des modules en fonction des enjeux identifiés par la communauté».

Dans un premier temps, le but est d’intégrer le logiciel de relation client au site Web de Paraloeil pour une phase de prototypage et de tests. «Chez Paraloeil, pour vérifier si un équipement est disponible à la location, il faut vérifier dans sa boîte courriel ou son cellulaire, puis aller dans un calendrier partagé où l’information n’est pas toujours à jour. C’est un parcours du combattant», m’explique Sandrine. La solution que propose la jeune femme viendra grandement simplifier leur processus. Parallèlement, l’équipe va s’assurer que les données rentrées dans cet outil soient structurées lorsqu’elles apparaissent dans leur site Web pour être facilement accessibles par les moteurs de recherche.

«Si les organismes culturels comprennent l’importance de structurer leurs données et l’appliquent, ils seront, de fait, plus facilement trouvables sur le Web par les citoyen.e.s qui veulent voir des expositions, des spectacles ou encore lire. Dans un même temps, le personnel des organismes culturels pourra se concentrer à faire d’autres tâches, car le recueil et le traitement des données seront déjà automatisés.».

Co-construire la technologie avec les organismes culturels québécois

 Lien Mutuels fait partie des six nouveaux projets de la cinquième cohorte du Lab Culturel de Culture pour tous. Cette année, les différents projets proviennent de quatre régions du Québec (Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale ainsi que Montréal) et touchent à plusieurs disciplines dont la musique, le théâtre, l’art numérique et le cinéma.

«Nous visons une consultation avec six organismes du Bas-Saint-Laurent puis avec 10 à 20 organismes pour le Québec. L’objectif final étant de proposer une plateforme ouverte adaptée à leurs besoins, plutôt que l’inverse. Nous travaillons actuellement à aller chercher du financement, auprès de différents bailleurs de fonds, pour l’implantation des besoins dans l’outil et sa traduction pour les phases subséquentes», m’explique Sandrine.

Contrairement à un CRM plus classique proposé par les entreprises privées, celui de Liens Mutuels sera beaucoup plus abordable en terme de coûts, car le stockage (cloud) et le maintien seront partagés par l’ensemble des utilisateurs. Une version peaufinée et à jour de l’outil devrait voir le jour d’ici mars 2021.

Charlotte Cagnet

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