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5 tendances en équité, diversité et inclusion pour 2022

5 tendances en équité, diversité et inclusion pour 2022

L’équité, la diversité et l’inclusion – EDI –  sont devenus une valeur fondamentale et un facteur de réussite pour les organisations. Au cours de l’année écoulée, nous avons assisté à l’émergence de nombreuses considérations – tant internes qu’externes, culturelles et sociopolitiques – qui pèseront lourdement sur les tendances de l’EDI en 2022. Nous avons interrogé cinq personnes expertes pour comprendre à quoi les organisations devraient s’attendre. Voici 5 tendances les plus pressantes en matière de diversité, d’équité et d’inclusion que nous voyons venir pour 2022.

Mardana IsaacMardana Isaac, conseillère diversité et inclusion chez Loto-Québec

L’EDI pour les compétences de demain

La diversité et l’inclusion sera un incontournable du profil de compétences de demain. Pourquoi? Parce que le marché le demande. Pensons à la transition de Waterfall à Agile du monde tech : une meilleure façon d’innover, de décider, de satisfaire le client, de créer de la synergie entre les équipes et de valoriser le travail de chacun…une approche organisationnelle! C’est exactement ça « faire » de la diversité et de l’inclusion. Maintenant, qui seront aux premières loges de ce tournant? Vous le savez déjà : les hauts dirigeants, les ressources humaines et les gestionnaires! Les employés sont le cœur de toutes entreprises (la pénurie de la main d’œuvre nous le montre très bien) alors développer un profil de compétences axé sur la diversité et l’inclusion devient primordial afin de se parer au monde de demain.

La réalité d’hier n’existe plus depuis mars 2020. Les virements technologiques qui mettaient peine à voir le jour sont soudainement devenus une priorité. Le bassin de talents qui se limitait à des frontières physiques ne dépend plus que d’une connexion internet. De nouvelles générations entrant sur le marché du travail réclament de leur employeurs une conscience sociale. Ces changements, et bien d’autres, demandent une nouvelle façon de faire. Se munir de connaissances approfondies en diversité et inclusion sera la clé du succès pour les entreprises qui excelleront.

 

les neurodivertissantesFran, Solène et Melissa, animatrices du balado Les Neurodivertissantes

La neuroinclusion

Les conditions de travail pandémiques ont eu du bon, étrangement. Ce n’est pas ce qu’on voit à première vue, mais les personnes neurodivergentes ont souvent découvert un monde merveilleux où travailler selon son niveau d’énergie, son mode de communication favori et en accord avec la conciliation travail et vie personnelle était enfin possible.

Ce n’est pas anodin : près de 20 % de la population est neurodivergente.

Avec autant de personnes travaillant dans la sécurité de leur chez-soi, les masques sont tombés, la désirabilité neurotypique et sociale aussi. Nombre de personnes neurodivergentes se sont vu accorder le droit d’être elles-mêmes, de travailler dans des conditions soudainement beaucoup plus flexibles sans porter la responsabilité de demander une mesure adaptative ni le poids de préjugés. Se couper de la société a fait du bien.

Pour bien des personnes neurodivergentes, il est inenvisageable de retourner en arrière. Et c’est tant mieux.

La prochaine étape est donc d’aller plus loin encore sur le chemin de la neuroinclusion. Les masques sont tombés : il faut maintenant veiller à tempérer les frictions, à favoriser la communication, à valoriser la différence. Bref, il faut d’autant plus apprendre à accueillir l’autre et à lui permettre de s’épanouir. L’objectif est de continuer d’avancer – ensemble.

 

Chloé FreslonChloé Freslon, fondatrice et PDG de URelles

Passer de la diversité à l’équité, la diversité et l’inclusion

Ces dernières temps, il devient évident que l’accent mis sur la diversité, c’est-à-dire la représentation accrue de personnes d’origines, de perspectives et d’expériences diverses, n’est qu’une partie de l’équation. Beaucoup d’efforts ont été mis et continuent d’être mis sur la diversité, mais plus les initiatives voient le jour et plus le constat est clair: on ne peut pas avoir des organisations pleinement inclusives si on ne se concentre que sur la représentativité.

L’inclusion, qui consiste à faire de la place et à amplifier les voix de chacun sur le lieu de travail, de manière égale, en est un concept qui sera au cœur des préoccupations des organisations dans les années à venir. L’idée est que les entreprises ne devraient pas seulement se concentrer sur le nombre d’individus, elles devraient plutôt chercher à savoir si les travailleurs.ses ont le sentiment de pouvoir être eux.elles-mêmes et de faire partie du groupe.

Quelques organisations commençent également à insérer la notion d’équité dans le cadre de leur stratégie EDI. On peut tendre vers plus d’équité, lorsqu’on considère ses politiques, ses processus et ses règles internes et qu’on se demande en quoi sont-elles inclusives ou peut-être partiellement exclusives. On pense par exemples au développement des talents, aux avantages sociaux, au processus de recrutement, etc. L’accent mis sur l’équité sur le lieu de travail sera d’autant plus important que les entreprises sont appelées à démontrer plus de transparence en ce qui concerne leur rémunération, la composition de leur conseil d’administration, les avancements, etc.

 

Julie SavariaJulie Savaria, fondatrice et PDG de Bindia Savaria Consulting et JEDI KIDS

Inclusion: Comment préparer la prochaine génération?

Avec le vent de changement qu’a apporté les mouvements de justice sociale, de nombreuses initiatives et programmes EDI ont été créés et mis en place dans la dernière année. Cependant, ce focus sur le lieu du travail omet un aspect essentiel du cheminement individuel: le milieu familial.

Tout travail de changement commence par soi, et l’apprentissage en EDI n’y échappe pas. Il est donc de notre responsabilité de s’assurer que nos enfants ne développent pas les mêmes biais et angles morts que nous.

Les biais commencent à se former dès l’école maternelle, voire même plus tôt. En fait, des nourrissons âgés de seulement 3 mois commencent déjà à avoir une préférence par rapport à la couleur de la peau donc on peut imaginer qu’à l’âge de 2 ans, un enfant peut démontrer un comportement discriminatoire selon l’environnement dans lequel iel est élevé.e.

De plus, les enfants sont des observateurs hors pair quant aux adultes de leur vie. Les biais démontrés par les adultes vont grandement influencer leur perception des différentes dimensions de l’identité humaine, telles que la couleur de la peau ou le genre. Les enfants absorbent les stéréotypes qu’ils voient dans leur entourage et deviennent également de plus en plus attentifs aux étiquettes sociales, au statut et aux biais des membres de la famille. Par contre, la bonne nouvelle, est que ces biais peuvent être désappris. En 2022, nous avons tous.tes la possibilité d’aider les enfants à surmonter leurs biais et à explorer l’histoire et les expériences quotidiennes des personnes issues de divers groupes. Cela encourage à son tour votre enfant à créer un environnement accueillant pour tout le monde.

 

Suzie YeoSuzie Yeo, directrice d’Autrement Ici

L’inclusion s’invite en région

Quelles seront les tendances en EDI pour l’année 2022? Je dirais: On a besoin de plus de ressources pour éveiller les consciences afin de permettre une réelle inclusion de la diversité ethnoculturelle dans les régions.

D’accord, je ne suis clairement pas devine puisque la régionalisation de l’immigration n’a absolument rien de nouveau, et que de nombreux programmes sont déjà en œuvre pour appuyer les collectivités dans la mise en place de structures d’accueil et d’inclusion.

Ce qu’il y a de nouveau c’est cet écho, plus fort de jour en jour, à la radio, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, que nous attendons avec impatience ces personnes qui viendront sauver notre économie, garder ouverte la boulangerie, veiller la nuit sur le service à l’auto du Tim du Témiscouata.

Ouvrir grande la porte à l’inclusion de ces super héros de la pénurie de main-d’œuvre que l’on nomme « travailleurs étrangers temporaires », « étudiants recrutés à l’étranger », demandera une ouverture au changement, une volonté collective d’accueil et d’inclusion d’une plus grande diversité dans nos régions. Et comment on atteint cette inclusion? Il faudra plus d’esprits ouverts à la diversité dans nos vies, en:

  • s’intéressant à la personne au-delà de la culture afin de considérer et découvrir son vécu;
  • favorisant des activités permettant la mise en commun d’intérêts réciproques;
  • mettant en lumière le courage mutuel d’aller à la rencontre de l’autre dans toute sa différence et sa singularité;
  • en trouvant des moyens de dépasser l’inconfort associé à la nouveauté et au changement.

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