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Être une femme en affaire et avoir le syndrome de l’imposteur

Lock et go

Être une femme en affaire et avoir le syndrome de l’imposteur

Article initialement publié en 2017

Gabrielle La Rue, fondatrice de la startup Locketgo, et Catherine D’avril, la directrice marketing, ont remporté une bourse pour se rendre au populaire festival texan South by Southwest (SXSW) en 2017. Parmi les cinq équipes gagnantes, seulement deux ont été fondées par des femmes. Entretien avec deux jeunes femmes sur le syndrome de l’imposteur et sur le fait d’évoluer dans un domaine technologique lorsqu’on ne connait rien à l’ingénierie.

Pour la petite histoire, Locketgo est une entreprise créée en mai 2016 dont le produit phare répond à un vrai besoin: quoi faire de ses effets personnels lorsqu’on se rend à un festival? L’idée de créer un casier qu’on réserve et paye en amont et auquel on peut accéder une fois sur place est née. Les deux jeunes femmes ont vendu l’idée à des promoteurs d’événements et ceux du festival de musique montréalais Osheaga ont été parmi les premiers à embarquer. Le produit est fabriqué au Québec, sécuritaire et a même été pensé pour que les utilisateurs intoxiqués puissent l’utiliser.

«Aux États-Unis, ce genre de casiers sont dans tous les festivals, mais au Québec on est à la traine. On a vu l’opportunité de percer le marché» – Gabrielle La Rue, fondatrice de Locketgo

L’innovation technologique pour passer à l’étape supérieure
Les deux jeunes femmes ont suivi le programme d’accélération Centech, créé par l’École de Technologie Supérieure (ETS) qui aide à propulser les entreprises technologiques. Ça leur a permis de passer à l’étape supérieure: développer un casier intelligent. «Au Centech, il y a deux autres femmes seulement. Nous sommes la seule équipe 100% fille, sur 13.» Mais il en faudrait plus pour que les deux jeunes femmes se démontent. Gabrielle et Catherine ont l’habitude d’être one of the boys.

«C’est un avantage, mais ça peut être un couteau à double tranchant. Si tu te plantes, c’est comme si tu te plantais 10 fois plus qu’un gars. Faut que tu fasses ta place. C’est une attitude à avoir dans la vie.» – Gabrielle La Rue.

Les jeunes femmes n’ont pas peur d’admettre leurs lacunes lorsqu’elles doivent travailler avec des ingénieur.es. «Je leur dis clairement que je ne comprends pas ce qu’ils m’expliquent». Elles reçoivent beaucoup de soutien de personnes qui se disent agréablement surprises du fait que deux femmes, sans expérience en ingénierie, se soient lancées là-dedans. «Les directrices de banque veulent nous épauler. Ça nous donne un point d’originalité et ça attire les gens ce qui joue à notre avantage. Nous sommes les deux filles qui font de la tech. On clashait avec les autres équipes de Centech. On est nous-mêmes et on aime ça.»

«On a un peu le syndrome de l’imposteur. On n’est pas ingénieures, mais on se devait d’aller en innovation technologique pour faire grandir notre produit.» – Catherine D’avril

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Chloé Freslon

Chloé est une femme avec une mission, celle de faire de Montréal la ville à startups qui a trouvé des solutions concrètes pour combler l’écart de genres dans l’industrie de la technologie. Vous l’avez probablement vue sur des panels, lu son blog URelles, écouté le podcast URelles qu’elle produit, signé le Manifeste des femmes en technologie qu’elle a co-fondé ou entendu à Moteur de Recherche à ICI Première Radio-Canada. Elle est la fondatrice d’URelles.
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